Comprendre votre système nerveux grâce à la théorie polyvagale pour mieux réguler vos émotions
- il y a 2 jours
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Vous est-il déjà arrivé de vous sentir submergé·e par une émotion, sans vraiment comprendre pourquoi ? D'avoir le cœur qui s'emballe, les mains qui tremblent, ou au contraire de vous sentir comme anesthésié·e, coupé·e de tout ?
Ces expériences, aussi déroutantes soient-elles, ont une explication profondément physiologique et comprendre cette explication peut changer votre rapport à vous-même.
Le système nerveux autonome : votre gardien silencieux
Notre système nerveux autonome (SNA) régule en permanence des fonctions vitales comme le rythme cardiaque, la respiration ou la digestion. Il joue aussi un rôle important dans nos réactions émotionnelles et notre réponse au stress. La plupart du temps, il agit automatiquement, sans que nous en ayons conscience, un peu comme un chef d’orchestre invisible qui adapte notre état intérieur à ce qui se passe autour de nous.
Lorsqu’une situation est perçue comme stressante ou menaçante, le corps peut réagir très rapidement : le cœur accélère, les muscles se tendent, la vigilance augmente. Ensuite, le cerveau analyse plus finement la situation en s’appuyant sur notre expérience passée, notre mémoire et le contexte. Il peut alors amplifier la réaction… ou au contraire calmer le système s’il comprend que nous sommes en sécurité.
Le cerveau et le corps fonctionnent donc en permanence ensemble, dans un dialogue continu : le cerveau influence le corps, et les signaux envoyés par le corps influencent à leur tour nos émotions, notre état intérieur et notre sentiment de sécurité.

Il existe deux grandes branches de ce système :
Le système sympathique, souvent appelé « accélérateur » : il mobilise l'énergie, prépare le corps à l'action, à la fuite ou au combat face à une menace perçue ainsi qu’une réaction d’entre deux avec une forme de figement hypertonique qui permet au système de définir vers quel état aller.
Le système parasympathique, le « frein » : il favorise le repos, la récupération, la digestion et la connexion sociale.
Lorsque ces deux systèmes fonctionnent en équilibre, nous nous sentons globalement bien, capables de faire face aux défis du quotidien sans être débordé·e. Mais lorsque l'un ou l’autre de ces système prend le dessus de façon chronique, souvent à cause du stress, de traumatismes passés ou de schémas appris, notre vie émotionnelle peut devenir chaotique.
La théorie polyvagale : une nouvelle lecture de nos états émotionnels
Le chercheur Stephen Porges a développé la théorie polyvagale, qui affine notre compréhension du système nerveux. Selon lui, notre SNA dispose de trois états principaux, organisés de façon hiérarchique :
L'état ventral vagal (sécurité et connexion) : nous nous sentons en sécurité, ouverts aux autres, capables de communiquer et de nous réguler. C'est notre état de base idéal.
L'état sympathique (mobilisation) : face à une menace, le corps se prépare à agir. On peut observer alors une forme d’anxiété, d’agitation, de colère, d’hypervigilance.
L'état dorsal vagal (effondrement) : lorsque la menace semble insurmontable, le système se « coupe ». On peut retrouver une forme d’engourdissement, de dissociation, un sentiment de vide ou d'impuissance.

Reconnaître dans quel état vous vous trouvez est déjà un acte thérapeutique en soi. Ce n'est pas une faiblesse de se sentir submergé·e. Au contraire, c'est votre système nerveux qui fait son travail, parfois avec des réponses apprises dans un contexte qui n'est plus le vôtre aujourd'hui.
La régulation émotionnelle : ce que cela signifie vraiment
Réguler ses émotions ne signifie pas les supprimer, les contrôler ou faire semblant qu'elles n'existent pas. La régulation émotionnelle, c'est la capacité à traverser une émotion intense sans en être totalement submergé·e, à rester en contact avec ce que l'on ressent tout en gardant un fil de conscience.
Concrètement, cela peut passer par :
La respiration consciente : ralentir l'expiration active le nerf vague et envoie un signal de sécurité au cerveau.
L'ancrage sensoriel : porter son attention sur ce que l'on voit, entend, touche dans l'instant présent pour sortir de la spirale mentale.
Le mouvement doux : marcher, s'étirer, bouger le corps pour libérer la tension accumulée.
La co-régulation : être en présence d'une personne sécurisante, un ami, un thérapeute, un animal de compagnie, qui aide le système nerveux à se calmer.
Pourquoi certaines personnes ont plus de mal à se réguler ?
La capacité à réguler ses émotions se construit dès l'enfance, dans la relation avec nos figures d'attachement. Lorsqu'un enfant est régulièrement co-régulé par un adulte disponible et attentif, il intègre progressivement cette capacité. Mais si l'environnement a été imprévisible, absent ou menaçant, le système nerveux apprend à rester en alerte et cette vigilance peut persister à l'âge adulte, même lorsque le danger n'est plus là.
Ce n'est pas une fatalité. Le cerveau est plastique, le système nerveux peut apprendre de nouvelles façons de répondre. C'est précisément ce que permet un travail thérapeutique doux et progressif.
« Comprendre son système nerveux, c'est apprendre à se lire avec bienveillance plutôt qu'à se juger. »
Et si vous commenciez par vous observer ?
Avant même d'apprendre des techniques, la première étape est l'observation sans jugement. Commencez à remarquer : dans quelles situations votre corps se tend-il ? Quand vous sentez-vous en sécurité ? Quelles personnes, quels environnements, quels moments de la journée vous apaisent naturellement ?
Cette cartographie intérieure est le point de départ d'un chemin vers plus de sécurité émotionnelle. Et ce chemin, vous n'avez pas à le parcourir seul·e.
Si vous souhaitez explorer votre fonctionnement émotionnel dans un espace sécurisant et bienveillant, je vous invite à me contacter pour un premier échange. Ensemble, nous pouvons travailler à apprivoiser votre système nerveux et à cultiver une relation plus douce avec vos émotions.


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